Apicultrice en Ardèche : facturer marché, boutique en ligne et restaurants avec une TVA mixte
Publié le 27 mai 2026 — temps de lecture 14 minutes
Vals-les-Bains, samedi matin, 6 h 40
La camionnette de Margaux Boucharin remonte la D578 dans le brouillard de la vallée de la Volane. À l'arrière, 84 pots de miel d'acacia, 36 pots de miel de châtaignier, 18 pots de gelée royale, 4 cartons d'hydromel, 12 bougies en cire d'abeille, et une caisse de pain d'épices que sa voisine boulangère lui a confiée en dépôt-vente. Direction le marché couvert d'Aubenas, où elle tient le même emplacement depuis sept ans.
Margaux a 38 ans, 240 ruches réparties entre la vallée de la Volane et le plateau du Coiron, et un statut un peu hybride : exploitante agricole au régime micro-BA pour la production de miel, et auto-entrepreneuse en parallèle pour son activité de transformation (pain d'épices, hydromel, cosmétiques). Son chiffre d'affaires 2025 a dépassé pour la première fois les 96 000 €, ce qui l'a fait basculer au régime réel simplifié de TVA pour 2026. Et c'est précisément ce basculement qui a tout déclenché.
Le casse-tête de la TVA mixte
Le miel et les produits alimentaires de base relèvent du taux réduit de 5,5 %. La gelée royale, considérée comme complément alimentaire, peut basculer à 10 % selon la présentation. Les bougies, les cosmétiques et l'hydromel — boisson alcoolisée — passent à 20 %. Le pain d'épices reste à 5,5 %, mais celui en dépôt-vente n'est pas son chiffre d'affaires : c'est une commission. Et quand un restaurant commande 5 kg de miel en pot Gastronome de 500 g, on est sur du B2B avec facture obligatoire mentionnant le numéro de TVA intracommunautaire du client professionnel.
« Pendant six mois, j'ai essayé de tenir un classeur Excel par canal de vente », raconte Margaux. « Une feuille pour le marché, une pour les commandes du site, une pour les restaurants. À la fin du trimestre, je passais quatre soirées à recroiser tout ça pour ma déclaration CA3. J'en pleurais. »
Le déclic : un dimanche soir de février
Sa belle-sœur, fleuriste à Privas, lui montre InvoiceFlow sur son téléphone. En vingt minutes, Margaux comprend qu'elle peut tout réunir dans une seule app. Elle télécharge l'application, crée son premier profil « Rucher de la Volane — micro-BA », puis un deuxième profil « Boucharin Transformation — auto-entrepreneuse ». Deux entités, deux SIRET, deux numéros de TVA, mais un seul téléphone et un seul tableau de bord par profil.
Configurer les articles avec les bons taux
Premier travail : créer la bibliothèque d'articles. Margaux saisit chaque référence avec son taux de TVA pré-paramétré : « Miel acacia 500 g » à 5,5 %, « Bougie cire 8 cm » à 20 %, « Hydromel 75 cl » à 20 %, « Gelée royale 30 g » à 10 %. Désormais, quand elle ajoute une ligne à une facture, le bon taux s'applique automatiquement et la ventilation est calculée sans intervention.
Canal 1 : le marché du samedi
Sur les marchés, 90 % des ventes sont des particuliers qui ne demandent pas de facture nominative. Margaux utilise InvoiceFlow pour générer des tickets simplifiés à la demande, et pour suivre la caisse globale du marché en fin de journée. Elle crée une « facture de regroupement » nommée « Marché Aubenas — samedi 23 mai », sur laquelle elle saisit les quantités vendues par référence. Le système ventile la TVA par taux et lui sort un total HT, TVA et TTC qu'elle peut comparer à la caisse.
Quand une cliente demande une vraie facture — « C'est pour offrir à mon comité d'entreprise, ils me remboursent » — Margaux la crée en deux minutes sur place : choix d'un modèle parmi les 11 disponibles (elle utilise un design épuré avec son logo en filigrane jaune-doré), saisie du nom, génération PDF, envoi par email ou partage WhatsApp. Si la cliente veut payer immédiatement, Margaux active le lien de paiement sur la facture et la cliente règle au TPE virtuel.
Canal 2 : la boutique en ligne
Le site « ruchervolane.fr » tourne sur une solution open-source que son cousin lui a installée. Les commandes lui arrivent par email avec un PDF récapitulatif. Plutôt que de retaper, Margaux utilise l'OCR de reçus d'InvoiceFlow pour scanner le bon de commande et pré-remplir la facture. L'OCR n'est pas magique sur les bons de commande exotiques, mais sur 80 % des cas elle gagne 3 à 4 minutes par commande.
Pour les clients qui paient par virement, elle envoie la facture avec un QR Code SEPA intégré : le client scanne, son app bancaire pré-remplit l'IBAN, le BIC, le montant et le libellé. Plus de fautes de saisie, plus de virements bloqués pour libellé incomplet. Pour les clients qui préfèrent le lien de paiement par carte, elle joint l'URL Stripe générée automatiquement. Les noms bilingues de l'application lui permettent d'afficher « Miel d'acacia / Acacia honey » sur les factures destinées à ses quelques clients suisses germanophones.
Canal 3 : les restaurants et épiceries fines
C'est le canal qui a le plus grossi en 2025. Margaux livre désormais douze restaurants entre Aubenas, Vals, Antraigues et Lamastre, plus quatre épiceries fines à Lyon. Chaque client a ses conditions : Le Carmel d'Antraigues paie à 30 jours, La Maison Pic à Valence paie à 45 jours fin de mois, l'épicerie Bellota-Bellota Lyon paie à réception. Margaux a créé une condition de paiement préenregistrée pour chacun, avec intérêts de retard automatiques au taux légal majoré (BCE + 10 points) et l'indemnité forfaitaire de 40 €.
Le processus type : livraison le mardi matin, BL signé sur place avec signature tactile du chef ou du responsable, facture liée au BL générée automatiquement le soir, envoi par email avec le modèle d'email pré-rédigé « Livraison restaurant — facture jointe » qui fusionne le nom du restaurant, la date de livraison, le montant et les instructions de paiement. Le BL, le devis initial, la facture et — quand c'est une grosse commande de printemps — la proforma sont tous chaînés ensemble. Margaux peut retrouver l'historique d'un client en deux taps.
Le cas Maison Pic
Quand l'économe de La Maison Pic a demandé une facture rectificative parce que deux pots de miel de lavande avaient été cassés à la livraison, Margaux a généré un avoir lié à la facture originale en moins d'une minute, depuis son téléphone, dans le train du retour. L'avoir a automatiquement reventilé la TVA sur les bons taux et mis à jour le tableau de bord. La compta interne du restaurant a validé sans broncher.
La déclaration CA3 trimestrielle
C'est le moment de vérité. Avant InvoiceFlow, Margaux passait quatre soirées par trimestre à recompter. En mai 2026, première CA3 du régime réel simplifié : elle ouvre son tableau de bord, filtre sur la période 1ᵉʳ février-30 avril, exporte le récap TVA en PDF et CSV. Le PDF lui donne le total HT par taux (5,5 %, 10 %, 20 %), la TVA collectée correspondante, le total TTC. Le CSV lui permet de copier-coller dans le portail impots.gouv.fr.
Temps total de la déclaration : 38 minutes, dont 25 à vérifier les TVA déductibles sur ses achats (palettes, pots, emballages, frais de transport). Elle utilise l'OCR pour scanner les factures d'achat de l'apothicaire en pots et du fournisseur d'étiquettes, ce qui réduit encore la saisie.
Hors-ligne : indispensable au plateau du Coiron
Quand Margaux monte voir ses ruches d'altitude, elle est en zone blanche. Aucun réseau pendant 4 heures. Mais elle reçoit parfois sur place la visite d'un client professionnel qui vient chercher une commande en direct. InvoiceFlow étant hors-ligne d'abord, elle crée la facture, fait signer le client, génère le PDF, l'enregistre. Quand elle redescend dans la vallée et capte la 4G, tout se synchronise tout seul. Aucune facture perdue depuis huit mois d'utilisation.
Le tableau de bord qui change tout
Margaux a longtemps vécu au feeling : « je vends bien le miel d'acacia », « le pain d'épices ne marche pas ». Le tableau de bord par profil lui a montré que :
- Le miel d'acacia représente 41 % du CA mais 28 % de la marge ;
- Les bougies, qu'elle considérait comme « accessoires », pèsent 14 % du CA et 31 % de la marge ;
- Le canal B2B restaurants a une moyenne de 22 jours pour encaissement contre 4 jours pour le marché et 6 pour le e-commerce ;
- Le MRR (mensuel récurrent) des trois restaurants qui commandent tous les mois représente 1 840 € de chiffre stable, ce qui lui permet de planifier sereinement les achats de fournitures de printemps.
Ce qu'elle a abandonné
Margaux n'utilise plus son ancien logiciel de bureau (qu'elle ouvrait deux fois par trimestre), ses trois fichiers Excel, son carnet à souche pour les marchés (sauf en sauvegarde papier), et son application bancaire pour générer les QR de paiement (InvoiceFlow le fait directement). Elle a gagné — estimation — entre 5 et 7 heures par semaine.
La suite : Factur-X et 2027
Margaux anticipe l'obligation de facturation électronique B2B qui s'applique progressivement entre 2026 et 2027. Pour ses clients restaurants, elle devra émettre des factures au format Factur-X ou via une plateforme de dématérialisation partenaire (PDP). InvoiceFlow intègre déjà l'export Factur-X dans ses modèles, ce qui veut dire que Margaux pourra basculer le jour J sans changer ses habitudes.
Ce qu'elle conseille aux autres apicultrices
« Ne sous-estimez pas la TVA mixte. Le jour où vous ajoutez un produit dérivé — bougie, savon, hydromel — vous changez de monde. Faites-vous accompagner par un comptable pour le passage au réel simplifié, et choisissez un outil qui sait gérer plusieurs taux dans la même facture. Et surtout, prenez un outil qui marche hors-ligne, sinon vous êtes coincée. »